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Arte a suivi les enfants du programme El Sistema-France - Les débuts du programme en loire Atlantique - Documentaire à voir

Les leçons de musique combattent les effets de la pauvreté sur le cerveau

Les scientifiques ont observé que les compétences en lecture sont corrélées au statut socioéconomique. Pourtant, selon Nina Kraus et ses collègues de la Northwestern University (Evanston, Ill.), la musique peut aider à combler les écarts.
L’équipe du Dr Kraus a testé les compétences auditives d’adolescents âgés de 14 et 15 ans, regroupés par statut socioéconomique (suivant le degré d’éducation de la mère, un étalon de mesure habituellement utilisé). Les chercheurs ont enregistré les ondes cérébrales des enfants à l’aide d’électroencéphalogrammes, en leur faisant écouter une répétition de syllabes sur un fond sonore doux, et ensuite en les privant de son.

Ils ont constaté que les enfants dont la mère a un bas niveau d’éducation présentaient une activité neurale plus faible, brouillée et instable en réponse aux sons, et une plus grande activité en l’absence de son. Ces enfants ont également obtenu les notes les plus basses en lecture et en mémorisation.

Selon le Dr Kraus, l’entraînement musical est une option d’intervention apte à traiter ces déficits auditifs, qui doit être développée. Le cerveau des musiciens est différent de celui des non-musiciens. Les musiciens disposent de capacités auditives supérieures incluant une meilleure perception du discours sur fond sonore bruyant, selon les recherches du laboratoire. Les chercheurs reconnaissent que ce résultat peut être la conséquence de différences innées qui prédisposent certains à choisir la musique comme carrière ou comme passe-temps, mais ils soulignent qu’un certain nombre d’études expérimentales démontrent que l’entraînement musical, individuel ou collectif, perfectionne les réactions des individus quant au langage.

Très récemment, l’équipe du Dr. Kraus a démontré que ces effets étaient durables. Elle a suivi 44 adultes de 55 à 76 ans et a découvert que ceux qui avaient bénéficié d’au moins quatre ans de pratique musicale durant l’enfance produisaient des temps de réponses neurales plus rapides quant au langage, même pour les adultes les plus vieux qui n’avaient plus touché un instrument depuis plus de quarante ans.

(publié le 1er mai dans la revue Scientific American par Simon Makin)